Les techniques de relaxation

Les techniques de relaxation

Depuis l’antiquité, des religieux, des mystiques et des philosophes ont cherché des méthodes qui favorisent des états de conscience modifiés, plus précisément : la détente, le bien-être, la contemplation, l’oubli de soi, l’union avec Dieu, l’extase. Ainsi sont nées des techniques qui induisent méthodiquement un état de relaxation. Certaines de ces techniques, encore utilisées aujourd’hui, ont été sécularisées et ont été testées par des chercheurs scientifiques. Elles sont employées comme des psychothérapies ou comme des aides à des psychothérapies. D’autres ont conservé leur dimension religieuse ou ésotérique.

Le yoga

Le mot «yoga» désigne des techniques d’ascèse et de méditation nées en Inde. Étymologiquement, il signifie : mettre sous le joug, lier ensemble. Des vestiges archéologiques (représentant des postures) permettent de dater les débuts du yoga vers 3000 av. J.-C. Un traité classique du yoga traditionnel est celui de Patanjali (qui semble avoir vécu vers le 2e siècle après J.-C.) : les«Yoga-Sutra» (il y a actuellement encore des controverses quant à l’auteur et à la datation). Les techniques d’ascèse et de méditation qui y sont exposées sont une systématisation de pratiques bien antérieures, transmises par voie orale et initiatique. Il existe de multiples formes de yoga. La plus connue en Occident est le Hatha-yoga, utilisant des techniques physiques : en particulier des asanas (postures stables, agréables, réduisant le tonus au minimum) et des exercices de respiration (notamment : la respiration abdominale, l’allongement de l’expiration, la rétention du souffle). Le yoga accentue l’importance de l’effort («mettre sous le joug»). Les objectifs sont d’unifier l’esprit, d’abolir la dispersion des pensées, de se délivrer des limitations de la condition humaine, de s’affranchir de la souffrance, de connaître un état de conscience plus élevé, de comprendre les réalités ultimes.

La méditation transcendantale (MT)

En 1959, un gourou indien, Maharishi MaheshYogi arrive aux États-Unis et développe un mouvement basé sur la technique de la «méditation transcendantale», une technique dérivée d’un exercice présenté par Patanjali.

Le procédé : Le méditant s’installe confortablement, il adopte une attitude passive, puis il répète, de façon silencieuse et tranquille, de très nombreuses fois, un «mantra» (son neutre ou mot sanscrit). Le mantra est «personnel»: il est choisi par l’instructeur comme convenant parfaitement à l’adepte. Celui-ci s’engage à garder «son»mantra secret. Au cours de la méditation, il faut sans cesse revenir au mantra, en essayant de n’accorder aucune attention à toute autre pensée. Cette forme de concentration permet d’écarter les idées qui vagabondent. Il est recommandé de méditer 20 minutes le matin, à jeun, et 20 minutes avant le repas du soir. La vogue de la MT s’est développée grâce aux Beatles (chanteurs anglais des années 60) et quelques autres célébrités, l’intérêt grandissant pour les états de conscience modifiés et des recherches universitaires, en particulier les expériences de Keith Wallace (UCLA, puis Harvard) et de Herbert Benson (Harvard) au début des années 701. Les gourous qui diffusent la MT enrobent sa pratique d’un halo d’ésotérisme et en retirent souvent de plantureux bénéfices. Ils exagèrent les effets jusqu’à l’absurde. Certains prétendent que la MT augmente considérablement l’intelligence et la créativité, qu’elle éloigne toutes les maladies, qu’elle permet de voir à travers les murs, de léviter, de voir le futur et de devenir invisible. Aussi les scientifiques qualifient-ils volontiers la MT de «culte pseudo-scientifique»

Le training autogène de Johannes Schultz

Vers 1900, Oskar Vogt, un neurophysiologiste berlinois, observe que des patients traités par hypnose peuvent reproduire par eux-mêmes un état similaire et que cet état s’accompagne toujours de sensations de lourdeur et de chaleur. Il constate également que la pratique journalière d’exercices d’autohypnose réduit la fatigue et fait disparaître une série de symptômes, tels que des maux de tête. Il les appelle «exercices prophylactiques de détente autohypnotique». En 1905, Schultz, neuropsychiatre allemand, intéressé par l’hypnose, découvre les travaux de Vogt. Il développe à partir d’eux sa méthode de «training autogène», définie comme une méthode d’auto-induction hypnotique basée sur l’évocation mentale de sensations d’engourdissement et de chaleur. Le mot «autonome»indique que le sujet peut pratiquer la méthode sans qu’un thérapeute soit présent ou, du moins, sans dépendance à un thérapeute. Schultz publie en 1932 Das autogene Training. Sa méthode a été diffusée dans le monde anglo-saxon notamment par Wolfgang Luthe (Univ. McGill, Montréal), avec qui il a collaboré.

La sophrologie

«Sophrologie»est un mot inventé par le psychiatre espagnol Alfonso Caycedo pour désigner l’étude de procédés favorisant l’harmonie (sôs) de l’esprit (phrên). Dans les années 1960, Caycedo a développé une méthode d’autorégulation et de psychothérapie, basée sur de multiples théories et techniques : phénoménologie, hypnotisme, training autogène, méditation bouddhique. Les séances de sophrologie comprennent des «méthodes passives» de relaxation, calquées sur la méthode de Schultz, et des «méthodes actives», inspirées de techniques de méditation orientales ou apparentées à la visualisation mentale telle qu’elle est pratiquée dans la désensibilisation systématique de Wolpe (1958). La sophrologie connaît du succès dans des maternités (préparation à l’accouchement) et dans les milieux sportifs (préparation mentale). Le docteur Henri Boon, fondateur de la «Société belge de sophrologie et de relaxation», a été son principal promoteur en Belgique. La sophrologie reste toutefois totalement ignorée dans les publications thérapeutiques anglo-saxonnes de haut niveau.

La relaxation progressive d’Edmond Jacobson

Jacobson est un physiologiste qui s’est intéressé à la relaxation à partir de 1907, alors qu’il réalisait sa thèse de doctorat à Harvard. A partir de 1926, il a travaillé au département de physiologie de l’université de Chicago. A cette époque, il a mis au point une méthode de relaxation utilisant l’effet de la décontraction des fibres musculaires sur l’activation physiologique et les émotions. Il a appelé sa méthode relaxation «progressive» pour deux raisons : 

  • Le sujet détend graduellement des groupes musculaires (main, bras, jambe, ventre, etc.);
  • Au fur et à mesure des pratiques, la relaxation devient plus profonde et se réalise plus rapidement.

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